Les nombreuses bergeries de Bitalza

Nous sommes plus souvent habitués à randonner, parfois plusieurs heures, pour rejoindre une ou deux, bergeries bâties sur un plateau, à flanc de montagne ou au milieu des bois. Vestiges d’une vie et d’une économie basée sur le pastoralisme.

Mais en rejoignant le plateau de Cagna en Corse-du-Sud, on peut trouver deux sites plutôt singuliers, Naseo et Bitalza. Sur le second, une trentaine de maisonnettes aux toits rouges occupent le flanc d’une colline face à un petit plateau traversé par un cour d’eau à plus de 1000 mètres d’altitude.

Véritables hameaux de montagne, ces bergeries sont la trace de l’importance du pastoralisme dans l’île à une époque pas si lointaine de la notre.

La déprise agricole a, au fil des ans, favorisé la fermeture et le manque d’entretien des prairies d’altitude et des zones humides comme les pozzines. Les bergers ont petit à petit disparus. Leurs descendants ont reconstruit et entretenu les bâtisses qui servent aujourd’hui de lieu de villégiature à la belle saison.

Grimpette

Il y a plusieurs accès pour rejoindre les bergeries de Bitalza. Nous sommes partis du col de Colombanu près de Borivoli à Sotta.

Le petit parking permet de laisser le véhicule. Ensuite il faudra chauffer les cuisses pour gravir les quelques 700 mètres de dénivelé qui mènent aux plateau.

Tout au long de la montée, la vue est imprenable sur l’extrême Sud et avec un peu de chance, vous apercevrez la Sardaigne et les îles Lavezzi.

Là haut, la forêt est belle, entretenue et aménagée. Autour du hameau on trouve une chapelle et un petit oratoire dédié à Notre Dame de l’Assomption.

Pour ceux qui n’auraient pas assez grimpé, il est possible de monter, en suivant les cairns, sur le Capellu, un sommet rocheux qui culmine à 1219 mètres.

Arillavu, village oublié

De nombreux villages ont été désertés au fil de l’histoire en Corse et si certains, comme Occi, font partis des sites incontournables pour les visiteurs de l’île, d’autres ont été oubliés.

Ils sont toutefois dans les mémoires des habitants et laissent toujours une trace dans l’histoire des micro-régions. C’est le cas sur le commune de Sartène d’Arillavu.

Pas si vieux

Le village tel qu’on peut le voir aujourd’hui aurait été bâti au XVIIIe siècle à l’initiative d’un agriculteur nommé Paul Mary. En tout cas c’est ce qui ressort de la tradition orale.

On peut lire sur un article de presse dédié à ce village, qu’il aurait été construit sur un site déjà occupé à l’âge de bronze et de nombreuses cavités, qui auraient pu être habitées, se trouvent aux alentours.

Car la communauté qui s’est installée ici s’est regroupée sur un promontoire rocheux. Quelque soit le sentier que vous emprunterez pour rejoindre le village, il faudra grimper pour y arriver. On notera d’ailleurs que les flancs de colline entourant les habitations devaient être cultivés. De nombreux murs en pierres sont toujours visibles.

Plusieurs bâtisses sont encore en assez bon état dans le village. Au début du XXe siècle, on recensait une cinquantaine d’élèves tout de même dans l’unique école. Il semblerait d’ailleurs que l’institutrice ait été la dernière habitante d’Arillavu et quitta sa maison en 1936.

Pas d’eau potable

Aucun réseau routier, aucune arrivée d’eau potable, pas d’électricité, tout comme le village de Muna, celui-ci a été déserté par manque de commodités certainement et par la présence, assez proches, de villages plus importants comme Giuncheto.

Treize maisons étaient représentées au cadastre à la fin du XIXe siècles, ainsi que d’autres constructions liées à la communauté, comme une salle commune, des fours et des jardins.

La balade est certes courte mais permet de revenir un petit peu dans l’histoire et de se rendre compte des conditions de vie en Corse au début du XXe siècle. Les constructions sont simples et modestes et pourraient paraître plus anciennes, les rues ne sont pas dallées ni organisées comme elles pouvaient l’être à la même époque sur le Continent.

> Retrouvez le tracé dans la rubrique Les randonnées en Corse.

Un sommet sous les nuages

Il n’est pas toujours facile de prévoir le temps qu’il fera, surtout dans une île où le moindre versant montagneux peut avoir son propre micro climat. Récemment nous nous sommes lancé à la conquête du Monte Cardo, un sommet bien connu en Corse qui offre, en plus d’un véritable défi sportif, un panorama d’exception.

Situé sur le massif du Rotondu, ce “charbon” doit certainement son nom à la roche noire qui recouvre l’intégralité de son sommet. Il est l’un des sommets les plus haut du massif avec ses 2 453 mètres d’altitude et en plus il offre une vue magnifique sur les principaux sommets alentours.

Pour varier les plaisirs, nous avons rallonger la balade en partant de Venaco et non directement de Saint-Pierre comme il est plus souvent présenté. Certes le chemin est long mais forme une boucle et offre plus de découvertes.

À commencer à les hauteurs de Venaco et une jolie vue en corniche sur les villages alentours.

En quelques temps on rejoint Saint-Pierre de Venaco et son sentier de découverte botanique qui, attention, n’est pas à la portée de chacun ! Le savoir, ça se partage oui, mais ça se mérite !

Et oui, ça grimpe

Forcement, avec ses 2000 mètres de dénivelé positif, l’essentiel du parcours grimpe assez fort mais fort heureusement, le parcours est assez bien aménagé. À commencer par ce banc de fortune fabriqué à partir de trois pierres taillées.

Face à la plaine, il appelle à la méditation et surtout, au repos des cuisses.

En reprenant notre périple, nous arrivons à la chapelle Santo Eliseo et Sainte Sabine située à 1555 mètres d’altitude. Deuxième pause pendant laquelle nous imaginons combien il a dû être difficile de bâtir un tel édifice sur ce promontoire.

Tous les 29 août, un pèlerinage y est organisée et c’est le plus haut de Corse !

Derrière, on continue le périple vers de belles bergeries. D’ailleurs, en ouvrant grand les yeux, on peut se rendre compte qu’il y en a un certain nombres sur les versants alentours, c’est un signe de la richesse agricole et économique d’un passé pas si lointain.

Un sommet qui se mérite

Si jusqu’ici, le marcheur lambda pouvait s’en sortir, la suite s’adresse à des randonneurs plus expérimentés.

On range les bâtons pour utiliser nos mains sur les dalles de granites qui sont glissantes. D’autant plus que seuls les quelques cairns existants nous montrent le chemin jusqu’au au sommet.

Quand même, non loin de la dernière ascension, nous croisons, surpris, un panneau indicateur. Si son utilité reste à prouver, au moins nous sommes certains d’être sur le bon chemin ah ah !

Rapidement, la végétation laisse place à de la roche sombre organisée en éboulis et arrivés au sommet, soulagés, nous contemplons les alentours en s’amusant, comme toujours, à reconnaitre les différents sommets.

Dommage les nuages nous ont couvert la vue vers le Venacais. Rapidement, nous reprenons le chemin du retour mais plutôt que de respecter la carte et revenir vers la chapelle nous avons choisi l’itinéraire bis : descendre tout droit.

Gagnants ainsi quelques précieuses minutes et surtout d’importants allers/retours nous rejoignons les bergeries de Coda a u Pratu par le maquis.

S’ensuit une descente longue de plus de 1000 mètres de dénivelé négatif.

Heureusement, comme toujours, la vue est à couper le souffle. Nous n’avons pas croisé de cerfs cette fois-ci, car paraît-il, c’est leur secteur mais peut-être une prochaine fois ?

Dix-neuf passagers emportés par un crash

Le 27 mars 1948, un avion Bristol de l’Indian National Airlines n’a pas pu éviter les contreforts du Monte Cardu.

Il était aux alentours de 8 heures du matin quand le village de Santo Pietro di Venaco a été secoué par un grand bruit. La carcasse en flamme est enfoncée dans un vaste cratère de neige.

Les dix-neuf passagers ont perdu la vie ce jour là. On ignore encore les raisons de ce crash survenu par une journée de très beau temps.

Pour apprendre plus, je vous invite à lire cet article de Corse-Matin :

Giru archéologique à Sartène

L’île regorge de sites archéologiques de l’âge du bronze et la commune de Sartène, de par sa superficie, en héberge un bon nombre, dans des endroits pas toujours simple d’accès et pas forcément bien indiqués.

La balade en images

Nous nous sommes rendus sur l’un des sites les plus importants et les mieux aménagés du secteur : le plateau de Cauria.

Il faudra s’armer de patience pour trouver le départ de la balade car les panneaux d’indications ont rencontré quelques détracteurs. Mais pas de panique, je vous indique l’accès précis dans la rubrique Les randonnées en Corse.

Balade au néolithique

Une fois sur le site, tout est parfaitement clair. Un parcours de découverte accessible à tous est aménagé et permet de découvrir différents lieux de vie du néolithique.

On débute par un alignement de menhirs d’assez grandes tailles, I Stantari. Certains sont encore bien détaillés. On peut y voir les traces d’épée sculptée dans la pierre, ou encore des têtes. Mais de l’avis d’habituer, d’année en année, depuis que ces menhirs ont été redressés, les sculptures s’estompent, signe d’une érosion du granit au fil des ans.

Le chemin nous mène vers un autre alignement, Renaghju, un peu après un joli point d’eau où des jonquilles sauvages pointent leur pétales au soleil. Puis en prenant un peu de hauteur on découvre le dolmen de Funtanaccia, d’une taille assez impressionnante.

Pour en savoir plus je vous invite à lire ci-dessous les indications que l’on trouve sur le site en cliquant-ici.


Plus grand rassemblement de menhirs

Autour de Cauria, si vous avez encore un peu de force, et de temps, je vous propose de découvrir d’autres merveilles laissées par nos ancêtres.

En reprenant la route en direction de Tizzano, on peut rejoindre le site des alignements de Palaghju. Il faudra marcher un peu plus mais rien de bien méchant.

Sur le sentier on découvre en plus une belle construction en ruine d’une taille assez imposante. Signe de la richesse du secteur en des temps pas si lointains. Palaghju est sur un terrain privé et en piteux état…

On peut voir sept groupes de pierres sculptées. Certains ont des gravures de visage ou d’armes. D’autres semblent non terminés.

Quand le site a été découvert il y avait également des coffres de pierres, dont certains étaient inviolés. Les objets retrouvés à l’intérieur sont au musée de la ville.

Menhirs et coffres isolés

Dans un champ voisin du sentier de départ pour Palaghju se trouvait autrefois un autre alignement plus petit, celui d’Apazzu, mais après avoir tenu plus de 6000 ans debout, la bêtise humaine a eu raison de ce vestige du passé. Quelques menhirs resteraient enfouis dans le maquis…

Sur la carte ci-dessous vous trouverez l’emplacement d’autres menhirs et coffres isolés dans le secteurs. Vous pouvez également remonter vers Petreto-Bicchisano où de nombreux sites sont à découvrir.

Quelques sites aux alentours

Château d’Alo Bisuje

Ici on parle d’une forteresse ou d’un château. C’est en réalité un site torréen comme on peut en trouver près de Petreto-Bicchisano ou à Cucuruzzu.

Il se trouve sur une petite colline et est composé d’une tour montée sur une cave et trois autres caves alentours. Un peu plus au sud-ouest on peut voir les restes de refuges et de menhirs.

En haut la vue est magnifique !

Continuer à lire “Giru archéologique à Sartène”

Des mains en or

Malgré de multiples tentatives, ma ruée vers l’or ne m’avait jusqu’alors pas permis de découvrir l’emplacement, tenu quasiment secret, des mains d’or de Claudio Parmiggiani, ou plutôt de son oeuvre, Ferro Mercurio Oro.

En 1999, cet artiste italien a eu le rêve un peu fou de sceller une de ses oeuvres dans le granit surplombé par le Monte d’Oro. Des mains en or ouvertes vers le ciel, cachées, et difficiles à trouver.

“L’oeuvre que j’ai réalisée se trouve là. Deux empreintes en or. Empreintes de mes mains, ouvertes et tournées vers le ciel, concaves, montées et fondues dans le fer et dans l’or, enchâssées dans le rocher et secrètes dans la montagne. Aucun sentier, aucune indication. L’oeuvre existe avant tout pour les yeux du lieu auquel elle appartient.”

Claudio Parmiggiani

Lors d’une énième tentative j’ai finalement trouvé le trésor de l’italien. Bien cachée, elle scrutent le ciel et l’horizon près des bergeries de Puzzatelli.

Flanquées sur un promontoire, elle attendent la venue des visiteurs qui tous, sans vraiment en savoir la raison, poseront leurs mains dans les empruntes de l’artiste et tous s’étonneront : “mais, les pouces sont à l’envers !”

Non, c’est la paume qui scrute le ciel répondra Claudio Parmiggiani.

Finalement, elles n’étaient jamais loin de mon itinéraire et je les ai frôlées plusieurs fois. Pour les trouver, rien de plus simple.

Engagez-vous dans l’ascension du Monte d’Oro, dépassez les bergeries de Puzzatelli et… ouvrez l’oeil, elles ne sont plus très loin…