Juste parce que ça m'éclate, je vous propose ce lien. Le magazine Grazia propose une série "drague attaque" et explique aux femmes comment mettre dans leur poche n'importe quel mec.
Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage, ça faisait déjà un moment que l’idée et l’envie me trottaient dans la tête. Et là, il y a peu, l’opportunité s’est présentée: faire le grand saut, quitter ma vie de parisien et partir travailler au sud, beaucoup plus au sud, le plus au sud possible. Bien entendu, l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, mais je veux y croire, ou tout du moins essayer.
Tant qu’à faire, et le hasard faisant bien les choses, c’est en Corse que j’ai trouvé du travail et c’est là que je pars m’installer. On fait pire, je veux bien l’admettre.
Alors ce que je vous propose, c’est de vous faire part de mes découvertes, de mes impressions de (grand) voyageur. Une sorte de Marco Vasco Colomb des temps modernes, le charisme en moins et les coups de soleil en plus.
Cela faisait bien longtemps que j’attendais ce moment. J’avais découvert M avec un album live en 2005 et dès lors je n’avais qu’une envie: le voir en concert. Avec la chance qui me caractérise, la tournée touchait à sa fin à l’époque… Nouvelle tournée annoncée l’été dernier, plus de places pratiquement dès l’ouverture de la vente. Dates rajoutées: même joueur échoue encore. J’écoutais le nouvel album pour me consoler. J’ai d’abord cru à une farce quand sa venue en Corse, et en plus à Ajaccio fut annoncée: c’était trop beau pour être vrai, je continuais même à douter quand j’ai eu les places en poche.
Pourtant le soir du 29 juillet, il était bien là et moi aussi, pas trop loin de la scène, un rêve réalisé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu en valait la chandelle. Une confirmation pour moi, Mathieu Chédid est bien la personne qui correspond à ma définition d’un artiste: auteur, compositeur, interprète, guitariste original et audacieux, généreux avec son public. De la même manière, le spectacle bien huilé est à la hauteur de mes attentes.
Mathieu entre en scène et effectue sa mue tout au long du concert: perruque en plumes qui rappelle son ancienne coiffure et lunettes en forme d’étoiles au début, il finira le spectacle au naturel, avec un seul chapeau pour artifice, même si une plume l’orne encore. D’autres changements rythment la performance: costumes bien sûr, mais aussi bain de foule et solo guitare pour lui, passage de mains en mains pour le batteur et le guitariste, chorégraphie commune sur « Hold up », strip tease de son Captain America de jeune frère et jeté de corn flakes sur le morceau du même nom. Des moments plus intimistes aussi quand sa soeur, plume piquée dan les cheveux, se lance dans un scat sur « La bonne étoile » et qu’ils se partagent le morceau: un régal. Un peu plus crâneur le M quand il joue de la guitare avec les dents à la Jimy Hendrix mais la sauce prend. Des instants de partage avec le public aussi: nous faire chanter bien entendu, mais aussi faire pousser jusqu’à 32 cris à l’unisson à plusieurs milliers de personnes. Il s’amuse lui aussi: il taquine ceux qui crient son prénom, demande à tout le parterre de s’asseoir, ou met en scène l’instant où il retire ses lunettes. Il se fait plaisir et c’est communicatif. Communion également avec les chanceux qui monteront sur scène pour danser sur « Amssétou ». Sans parler du petit Axel qu’il installera derrière sa guitare, en se mettant à sa hauteur et en jouant tout en lui montrant le public. Si ce petit garçon ne devient pas musicien… Il paraît qu’il fait pareil dans tous ses spectacles mais le résultat est là. Jusqu’aux rappels où d’abord seul sur l’estrade, il offre un medley de ses titres. J’ai savouré jusqu’à la dernière note.
Enchanté donc, depuis les premiers morceaux de l’album « Mister Mystère » qui ouvrent les hostilités aux remerciements à la fin.
Quelques petites frustrations tout de même: ne pas pouvoir partager un moment avec lui car je suis certain que cet homme gagne à être connu autant que ses créations. Savoir qu’il a fini la soirée dans une boîte ajacienne, à taper le boeuf avec le groupe Notte en fêtant la fin de sa tournée comme il se doit. J’aurais aimé partager cela aussi. Tant pis…
Je terminerais en paraphrasant Mathieu Chédid juste en lui disant: « Merci pour l’alchimie ».
À chaque aller retour Ajaccio-Bastia je le croisais juste avant, ou juste après, Vivario mais jamais je n’avais trouvé le temps de m’y arrêter. Jusqu’au jour où un article est paru dans le journal racontant l’histoire de ce fort bâti en 1770 par les français dans le but de surveiller les gorges du Vecchio et le cirque de montagnes qui l’entoure. Mais plus tard, il fut transformé en prison pour les rebelles du Fiumorbu qui y furent enfermés jusqu’à leur mort.
Une histoire assez sombre qui, aussi étrange que cela puisse paraître, se ressent lorsque l’on visite l’endroit. Perché sur une colline, le fortin, aujourd’hui en ruines, domine les gorges et le village de Vivario. En sortant du village par la nationale en direction d’Ajaccio, un terre plein sur la droite vous permet de vous garer. Il suffit ensuite de quelques minutes de marche pour le rejoindre. Arrivé devant l’entrée, mal à l’aise, j’hésite à entrer mais finalement je me convaincs. L’intérieur est simple. Fait de trois petites salles. On imagine aisément qu’il devait y avoir plusieurs étages, mais aujourd’hui il n’en reste rien d’autre que les fenêtres dans les murs extérieurs. Un peu partout les pierres sont gravées de graffiti plus ou moins récents.
Pour les amateurs de jolis paysages, la vue sur les gorges et les vallées est exceptionnelle de là haut. Par contre si l’on entend le chahut de l’eau contre les rochers de la rivière il est impossible de l’apercevoir. Du moins je n’ai pas trouvé le bon angle.
J’y suis allé en hiver pour profiter de la neige les skis aux pieds, m’y voici de retour en été les chaussures randos bien lassées. À toute les périodes de l’année, il y a quelque chose à faire au plateau d’Ese, et en ce moment, le truc c’est la randonnée.
Grâce à mes multiples prospectus/livres/trucs/machins, j’ai pris connaissance de l’existence des « Pozzines ». Pour ceux qui, comme moi il y a quelques mois, n’avaient jamais entendu ce mot auparavant, voici une petite définition : « Une pozzine est un trou d’eau observé dans les montagnes corses. Elles sont reliées par des canaux naturels creusés par l’écoulement des neiges fondues et se constituent dans de vastes prairies. »
Depuis le plateau il est donc possible de rejoindre les pozzines des pozzi de Bastelica (des pozzi étant de grosses pozzines) après quelques heures de marche sous les tire-fesses qui faisaient encore le bonheur des skieurs il y a quelques mois. Le sentier est pelé. Je veux dire par là, qu’il n’y a pas un seul coin d’ombre et qu’il vaut donc mieux se prémunir d’un chouilla de crème solaire pour ne pas finir écrevisse. Après avoir traversé un versant de montagne, nous voilà au sommet d’une crête. En bas on aperçoit les fameuses pozzines. La vue est splendide et même étonnante pour le profane. En hâte, nous descendons ce flanc de montagne afin de poser les pieds sur l’herbe bien grasse qui entoure les trous d’eau.
Il y en a de toutes les formes et de toutes les tailles. Dans certains, l’eau est stagnante et sa couleur ne donne pas envie d’y mettre un doigt. Pour d’autre en revanche, l’eau circule de « trou » en « trou » en direction de la vallée en contrebas. C’est l’heure de se remplir la panse. On cherche un petit coin à l’ombre d’un rocher haut perché. C’est visiblement l’heure de manger pour tout le monde, en face de nous, un aigle s’y prend à plusieurs reprises pour sortir d’une pozzine une truite qui se bat avec le courant. Le spectacle est grandiose.
Sur notre droite, un troupeau de vaches apprécie l’herbe grasse que propose cet endroit presque marécageux, assez inattendu dans ce paysage si désertique. Soudain, un bruit résonne très fort dans la vallée. Un taureau s’approche soufflant, râlant, crachant en direction du troupeau. Visiblement décidé à prendre la place d’un plus jeune qui se trouvait là avant lui.
Après une petite sieste au soleil sur l’herbe fraîche, nous nous remettons en route en direction de la station sous un soleil de plomb, le sac plus léger, quelques coups de soleils en plus et la tête vidée de tous soucis.
Drôle de zoo. Beaucoup de personnes m’en avaient parlé, mais je ne voulais pas tomber dans le cliché en me rendant à une des promenades favorites des ajacciens : le sentier des crêtes. Seulement, à force de rabâchage et de feuilletage de l’éternel Guide Vert, je n’ai pas résisté à découvrir cette balade. Certains le parcourent en courant ou à vélo. D’autres préfèrent la marche tranquille ou comme moi, la visite touristique qui consiste à attendre le moment le plus chaud de la journée (et pourquoi pas de l’année) pour marcher quatre à cinq heures sous un soleil de plomb au milieu d’un maquis ras comme mon genou… oui j’ai encore du chemin à faire pour comprendre les trucs et astuces du randonneur intelligent.
Décidé, de bon matin, je regarde la carte du sentier. Houlala, ça s’annonce mal. Il est composé de multiples variantes et de deux pistes principales : Le sentier des crêtes et le sentier de la corniche. Les deux se rejoignent aux deux extrémités. D’un côté à Ajaccio et de l’autre à la station solaire de la Parata. Je n’ai pas envie d’y aller deux fois, je décide donc de tout faire d’un seul coup (Nan mais ho!). Le sac chargé d’eau, je fais vrombir la panda vers la « Piste du Salario » où débute le sentier des crêtes. Il passe en fait, comme son nom l’indique, de crête en crête depuis Ajaccio jusqu’à la pointe de la Parata.
Là haut je ne croise personne. Par contre je rencontre énormément de roches plus étonnantes les unes que les autres. De part et d’autre du chemin, la montagne est sculptée de telle manière qu’on pourrait se croire au beau milieu d’un zoo regroupant la faune de la terre entière. Je croise ainsi un ours, un lion, un phoque, un dauphin mais également un dragon qui sort son long cou du maquis en contrebas. On se demande vraiment comment des rochers si haut perchés, peuvent être ainsi sculptés? Même si évidemment l’imagination y fait beaucoup.
Plus loin, après un pique-nique bien mérité, j’arrive au Monte Rossu (une petite pensée pour mon matou) où des aigles se battent le territoire avec des goélands. La vue sur les Îles Sanguinaires est une nouvelle fois splendide. De l’autre côté j’aperçois le Golfe de Lava et la route vers Sagone.
Redescente vers la station solaire. La première partie est finie après deux heures trente de marche. J’accélère un peu le pas en direction de la corniche : retour à la voiture. Si la vue sur les crêtes était splendide, celle sur la corniche est très étonnante. Imaginez un peu. Un sentier qui serpente en corniche sur les flancs de montagne au milieu du maquis. Des arbousiers plus ou moins hauts forment la seule végétation « haute » du parcours. En hauteur, les rochers « sculptés » dominent comme des gardiens immortels. En face tout est sauvage, seul le sentier se distingue au milieu de la verdure. Et en bas, le contraste est fort. À tout juste 50 à 100 mètres de moi, les plus hautes bâtisses d’Ajaccio se dressent face à une mer qui hésite encore entre le turquoise le bleu marine.
Le retour est plus rude que prévu. Je fais une pause aux bergeries de la « tête de mort » appelées ainsi à cause d’un énorme rocher qui sous certains angles fait penser à un crâne humain de taille démesurée.
C’est finalement après quatre heure trente d’intense piétinement que j’arrive enfin à la voiture. À sec, aussi bien dans les bouteilles que dans la gorge et sous un soleil de plus en plus écrasant. Mais la balade fut splendide et étonnante et m’a permis de tenir mes engagements : ce soir j’arborerais avec fierté mon bronzage agricole et mon parfum de biafine concentré.
Oui les anglais sont rigolos ou bien nous ne sommes simplement pas habitués:
- dans la rue, on vous indique le côté où il faut regarder, pratique pour le visiteur peu habitué à la conduite à gauche;
- aux passages piétons, pour faire passer le feu au vert, il y a un bouton réservé aux gens à cheval, à leur hauteur;
- les noms choisis pour les restaurants comme Megaro ou la chaîne Zizzi;
- les poubelles pour les cacas de chiens et le monsieur qui torche le derrière de Rex avant d’aller déposer son offrande;
- les animaux bien rangés dans les parcs;
- les canards qui font du tai-chi;
- les taxis noirs, les bus à impériale, les gardes à bonnet poilu, les horse guards, les policiers, les cabines téléphoniques et les boîtes aux lettres rouges…
En bref, moi aussi, « I love London ».
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