Paglia Orba

Il fait partie des sommets mythiques de l’île. Si le Monte Cintu est le plus haut, le Paglia Orba est (avec le Monte Rutondu paraît-il) le plus beau. Et bien entendu une telle merveille se mérite et nous voilà bien loin de la gentille petite balade familiale du dimanche avec cette ascension. Cette randonnée est longue (huit heures pour le premier sommet et neuf en tout pour le second) et demande donc de l’endurance, un minimum d’équipement et l’absence totale de vertige. Sur la fin en effet, il y a quelques passages qui s’apparentent à de l’alpinisme. Voilà aussi pourquoi nous ne nous sommes pas aventurés seuls sur ce chemin très peu cairné sur les derniers passages, la présence et les conseils de notre guide Stéphane se sont révélés aussi agréables que nécessaires.

Le rendez-vous a été fixé au virage du fer à cheval, après Calacuccia en direction du col de Verghju à 7 heures 30. Rendez-vous matinal donc mais qui s’explique facilement par la longueur de la randonnée et le peu d’ombre sur le trajet. De plus, découvrir en arrivant sur le village de Calacuccia au détour d’un virage le Paglia Orba, Le monte Cintu et les Cinque Fratti dans la lumière du matin vaut bien de se lever un peu tôt, faites-en vous même l’expérience.

La première partie s’effectue sous les pins de la forêt de Valduniellu et très vite l’on rejoint une première bergerie où l’on peut trouver des boissons et du fromage. Une première passerelle enjambe ensuite le Golu qui naît plus haut dans le Niolu et que l’on suit durant tout cette portion où il hésite encore entre vasques, marmites et piscines. Pas de temps pour la baignade aujourd’hui mais nous y sommes retournés une autre fois pour une journée farniente à la rivière d’une tout autre nature…

Nous rencontrons par la suite les ruines d’autres bergeries, petite halte et nous repartons vers le refuge de Ciuttulu di i Mori, ça grimpe plus sec mais l’oeil du Tafunatu nous surveille et le Paglia Orba se détache sur la droite. C’est après le refuge que les choses se corsent (sans mauvais jeu de mots…). Le chemin sur la gauche conduit au Tafunatu, l’accès se fait par une vire très étroite et très dangereuse: elle a quelques morts à son actif… Nous nous contenterons d’admirer l’animal en grimpant sur le sommet en face. L’accès au Paglia Orba demande sur cette partie de l’attention, de la concentration, il faut s’aider des mains sur quelques passages et heureusement que le guide est là pour assurer les prises et le chemin à prendre. Le spectacle est grandiose et s’ouvre de Piana au phare de la Revelatta. Encore quelques raidillons à gravir et nous voilà parvenus au premier sommet. Quelques efforts de plus et un peu d’escalade pour le véritable sommet qui culmine à 2525 mètres d’altitude. Le point de vue sur le massif du Cintu vaut bien tous les efforts consentis. Dois-je vous dire que le panorama est splendide là haut? C’est le moment d’un pique- nique réconfortant en compagnie des chocards qui, en ce début de saison, semblent contents des reliefs de repas laissés par les randonneurs. Quel luxe que cette pause sur le toit de l’île, l’on se sent tout petit dans cet espace majestueux. Le temps d’en prendre plein les yeux et de se remettre en route par le même itinéraire avant de prendre une variante qui passe par le GR20 et qui surplombe la vallée par laquelle nous sommes montés avant l’arrivée au refuge. Une très belle journée, fatigante mais qui offre un instant d’éternité, bien précieux.

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