Promenade au milieu d’un lac en disparition

J’y suis allé en hiver pour profiter de la neige les skis aux pieds, m’y voici de retour en été les chaussures randos bien lacées. À toutes les périodes de l’année, il y a quelque chose à faire au plateau d’Ese, et en ce moment, le truc c’est la randonnée.

Grâce à mes multiples prospectus/livres/trucs/machins, j’ai pris connaissance de l’existence des “Pozzines”. Pour ceux qui, comme moi il y a quelques mois, n’avaient jamais entendu ce mot auparavant, voici une petite définition : « Une pozzine est un trou d’eau observé dans les montagnes corses. Elles sont reliées par des canaux naturels creusés par l’écoulement des neiges fondues et se constituent dans de vastes prairies. »

Depuis le plateau il est donc possible de rejoindre les pozzines des pozzi de Bastelica (des pozzi étant de grosses pozzines) après quelques heures de marche sous les tire-fesses qui faisaient encore le bonheur des skieurs il y a quelques mois. Le sentier est pelé. Je veux dire par là, qu’il n’y a pas un seul coin d’ombre et qu’il vaut donc mieux se prémunir d’un chouilla de crème solaire pour ne pas finir écrevisse. Après avoir traversé un versant de montagne, nous voilà au sommet d’une crête. En bas on aperçoit les fameuses pozzines. La vue est splendide et même étonnante pour le profane. En hâte, nous descendons ce flanc de montagne afin de poser les pieds sur l’herbe bien grasse qui entoure les trous d’eau.

Il y en a de toutes les formes et de toutes les tailles. Dans certains, l’eau est stagnante et sa couleur ne donne pas envie d’y mettre un doigt. Pour d’autre en revanche, l’eau circule de “trou” en “trou” en direction de la vallée en contrebas. C’est l’heure de se remplir la panse. On cherche un petit coin à l’ombre d’un rocher haut perché. C’est visiblement l’heure de manger pour tout le monde, en face de nous, un aigle s’y prend à plusieurs reprises pour sortir d’une pozzine une truite qui se bat avec le courant. Le spectacle est grandiose.

Sur notre droite, un troupeau de vaches apprécie l’herbe grasse que propose cet endroit presque marécageux, assez inattendu dans ce paysage si désertique. Soudain, un bruit résonne très fort dans la vallée. Un taureau s’approche soufflant, râlant, crachant en direction du troupeau. Visiblement décidé à prendre la place d’un plus jeune qui se trouvait là avant lui.

Après une petite sieste au soleil sur l’herbe fraîche, nous nous remettons en route en direction de la station sous un soleil de plomb, le sac plus léger, quelques coups de soleils en plus et la tête vidée de tous soucis.

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