le lac Bastani

Le premier arrêt en arrivant sur le village de Ghisoni est l’occasion d’une pause café, offerte par celui qui sera notre guide pour la journée. Il se prend devant les montagnes du Kirie Eleison.
La légende veut que ce soit à cet endroit que furent brûlés les derniers représentants de la “secte” des Ghjuvannali. Ce mouvement franciscain au départ, prit de l’ampleur au XIVème siècle dans l’île jusqu’à inquiéter le clergé qui décida finalement d’éradiquer ses tenants hommes, femmes et enfants qui menaçaient les biens de l’église à cause de leurs préceptes. Ainsi les six derniers entonnèrent le chant liturgique du Kirie Eleison ( “Seigneur, prends pitié” ) à cet endroit, les chants résonnèrent sur les parois rocheuses qui ont gardé ce nom. Des colombes se seraient envolées vers ces sommets après le supplice. Sombres heures de l’histoire corse…
C’est pourtant la chaussure de montagne légère que nous attaquons la grimpette vers le lac, après avoir laissé les voitures à la station de ski de Ghisoni. Des cascades offrent un peu partout leur murmure argentin. La fin du mois de juin est proche mais tout est encore très vert et on voit que la neige a été abondante cette année.
Le sentier est bien balisé et serpente entre les rochers. La vue sur la plaine est un peu brouillée par les brumes de chaleur. Nous arrivons vite sur un premier plateau couvert de petits aulnes, certainement restés longtemps sous la neige, des ruisseaux courent sur des prairies. Nous retrouverons un peu plus haut ces “pozzine” miniatures que les vaches semblent apprécier grandement.
Encore un raidillon pierreux et c’est la découverte du lac, bordé de moraines et de quelques plaques de neige bien vivaces. Le Monte Renosu arbore sa croix au-dessus de nous à plus de 2300 mètres. Quant à nous, nous lézarderons là, autour de 2000 mètres avec un bon repas. Pour ceux qui possèdent leur permis, il y a de belles truites saumonées dans le lac Bastani. Avec notre équipe et le rosé aidant, elles n’auront rien à craindre de nous. Nous faisons tout de même le tour du lac jusqu’à l’endoit où il se déverse en cascades multiples dans la plaine. L’un de ses côtés est clair et en s’approchant, l’on constate que le fond est composé de gravier et de sable.
Ce seront finalement les grondements du tonnerre qui nous contraindront à amorcer la descente, mais l’orage nous épargnera finalement.
Il faudra revenir pour continuer la marche vers le Monte Renosu et plus loin des Pozzi renommés. Une prochaine fois qui sait?

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