Un autre regard sur l’Ostriconi

J’avais déjà défié La Biscia, rappelez-vous. Mais mon courage et mon esprit héroïque m’ont ramené en ces lieux légendaires bien décidé à en découdre avec les pans bagnats, les fiadunetti et la panette au brocciu dont je m’étais armé pour la circonstance.

Ma promenade commence aux pieds d’une construction troglodyte qui, d’après l’odeur, semble avoir abrité quelques chèvres… Très vite, le chemin s’élève et serpente entre des roches rouges, hérissées de figuiers de barbarie et poinçonnées par des tafoni qui s’en donnent à coeur joie par ici. Le temps d’admirer une aghja et une ancienne habitation et il est temps de partir à l’assaut de la Cima à Forca, histoire d’observer la mer, la plage de l’Ostriconi et Île rousse dans le lointain. Pas le temps de s’attarder, il faut poursuivre notre quête.

Nos pas nous mènent vers d’anciennes habitations, ornées par une belle aghja (aire de battage du blé) et un olivier qui a dû en voir des choses et passer des randonneurs. Pas de répit pour les braves, nous gravissons la Punta Liatoghju pour jouer les vigies et sacrifier aux rites immuables du pique-nique (mon moment préféré). Tranquilisés par l’absence de la Biscia à l’horizon nous nous laissons aller à la rêverie et peut-être même aux délices de la sieste.

Même si le soleil est bien présent, le vent finit par nous chasser et nous jouons à retrouver notre chemin parmi les roches rouges et escarpées. Nous dérangeons de charmants couples de perdrix au vol lourd. Nous rencontrons une bâtisse récente construite sur les ruines d’une ancienne bergerie avant de prendre la pose devant un joli tafonu. Nous repartons vers la plage, avant de rejoindre le chemin de l’intérieur vers notre véhicule.

Pas de Biscia aujourd’hui, elle a certainement eu peur devant ma détermination. De toute façon, avec ce que j’ai mangé à midi, je ne suis pas certain des qualités du chevalier que j’aurais pu lui opposer. Au moins, elle aurait fait elle aussi un bon repas…

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Par dessus les Calanches

Plan pas randonnées à Piana
Plan des randonnées à Piana

On connaît les Calanches de Piana par la route, ou même à pied pour les plus courageux. Mais il faut savoir qu’il existe une multitude de chemins de randonnées derrière ces rochers fascinants. On croise d’ailleurs sur la route au milieu et à la fin (dans le sens Piana-Porto) des Calanches des panneaux indiquant des départs de randonnées.

Comment ne pas tomber amoureux de cet endroit? Je ne pouvais pas ne pas y aller… J’ai donc pris mes chaussures à deux pieds et je me suis fait un parcours de 3 heures reliant deux des chemins proposés avec une partie sur la route des Calanches.
Je ne vais pas vous cacher que j’ai également calculé la période pour y aller. D’ici quelques semaines la route à cet endroit commencera à devenir impraticable. Les hordes de visiteurs (dont je comprends la motivation) envahiront le site, ce qui le rend un tantinet moins attrayant. On peut ainsi dire que j’ai eu les Calanches pour moi tout seul. J’ai pu me promener de rocher en rocher avec pour seul dérangement au silence qui règne là bas le bruit des oiseaux et la mer sur les rochers en contrebas.

Il y a une légende qui dit que « le Diable aurait créé les calanques pour punir une bergère qui se refusait à lui. Changée en statue, elle est à jamais prisonnière de cette ville fantastique peuplée de créatures de pierre. »

Plusieurs sentiers de différentes difficultés sont accessibles depuis un terrain de foot situé à la sortie du village de Piana. Juste avant les Calanches se trouve un petit pont avec sur la droite, une route qui monte à sec. C’est ici qu’on trouve ce terrain de foot.

On passe d’abord par de petits ponts en bois avant de s’aventurer dans une forêt de pins. Très vite des choix de sentiers s’offrent à moi. Je choisis de suivre le sentier des Palani qui après une forte grimpette nous offre un panorama sur le golfe de Porto au coeur d’une châtaigneraie. Tout le long du parcours, il y a des rochers sculptés. Un des plus emblématiques est la Tête du Lion. C’est un des plus gros, il est visible depuis le terrain de foot sur les hauteurs.
Beaucoup de roches présentent des « tafoni » (trou dans la roche) qui forment les sculptures. Ces trous se forment à cause des variations de températures et d’humidité de l’air, ainsi que par l’érosion due au vent et à la mer toute proche. Certains sont appelés « Tafonu mortu » car ils ont fini d’évoluer. D’autres en revanche subissent toujours l’érosion. D’ailleurs en passant la main dans ces trous, de petits grains de roche se détachent, comme du sable.

La promenade se poursuit par une descente assez raide jusqu’aux ruines de dispensa en bord de la nationale. En descendant on passe tout près d’une fontaine naturelle, Fontaine d’Oliva Bona, où j’ai fait la rencontre d’un petit oiseau très courageux qui est venu se poser sur mon bras quelques secondes alors que je photographiais la fontaine. Puis il est allé se poser au sol à un petit mètre de moi. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’immortaliser le moment. Peut-être qu’il m’a pris pour un arbre?

De retour sur la route, j’ai profité du calme pour remonter les Calanches à pied. Juste après le chalet des Roches Bleues, un autre chemin est indiqué. Il commence par une sorte d’escalier en pierres ocres. Il s’élève jusqu’à une corniche où la vue est tout simplement bluffante. De là, il est possible de voir la totalité des Calanches de Piana en partant (à gauche) du village de Piana jusqu’au golfe de Porto sur la droite.

Le sentier n’est pas long mais a l’avantage (en plus d’offrir une vue remarquable) de retourner au terrain de foot. La boucle est donc bouclée.

À Carole qui aimait venir parcourir les chemins de Corse et aux siens.

Une petite vidéo de la vue sur le golfe de Porto.

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